De la difficulté de faire des choix

La période que je traverse est étonnante. En réalité il ne se passe pas grand chose. J’écris mes livres de développement personnel, je suis au sixième chapitre de ma bande-dessinée sur l’éducation bienveillante, j’écris des articles pour un site de gastronomie et culture française, et je travaille mon roman. Mes journées sont souvent très calmes en apparence. Le « high-light » se situe dans mes escapades shopping à la ressourcerie, ou bien le soir quand je retrouve mes bébés. Bref rien de fou. Et pourtant je suis épuisée.

Alors oui, mes deux fulbulus y sont sûrement pour quelque chose, mais je sens que beaucoup d’énergie se perd dans une dimension qui m’échappe. C’est comme si mon livre s’écrivait tout seul, quelque part dans ma tête. Certains jours, je me réveille et j’ai un texte. Je ne sais pas où il va, ni à quoi il correspond, quand j’ai un papier sous la main je l’écris, je me dis que je verrai bien. Résultat j’ai plein de petits bouts de machins, d’histoires apparemment sans lien, de tranches de vie qui commencent peu à peu à se rejoindre.

Tout ça pourrait être merveilleux, mon livre s’écrit tout seul et j’ose m’en plaindre ? Oui mais voilà venu le temps des décisions. Ouh que je n’aime pas ça. Choisir c’est renoncer. A quoi vais-je renoncer ? Au « Elle » ou au « Je » ? Incapable de prendre cette décision j’ai déjà rédigé un tiers du livre que j’ambitionne d’écrire avec chacune des versions et je ne sais toujours pas quelle est la bonne.

Vous faites comment pour prendre vos grandes décisions ? Généralement j’y vais à l’intuition mais là soit elle est muette, soit je suis sourde. Liste de pour et contre ? hum… Qui dit mieux ?

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Histoire de fesses indienne

J’ai tellement hésité à poster mon #metoo que j’ai raté le coche. Les histoires de mes amies, mes connaissances, mes contacts professionnels m’ont tellement choquée, par leur nombre, par le fait que même les plus proches n’avaient rien dit, parfois un vague sous entendu, clairement il y a un genre d’omerta, mais le pire,le plus bouleversant pour moi, c’était leur violence. A côté les miennes c’est du pipi de chat.  Le pipi de chat ça pue quand même, on est d’accord, mais bon j’ai tellement l’impression d’être chanceuse avec mes classiques – c’est quand même fou que ce soit aussi banal – : poursuites dans le métro, frottements même pas à l’heure de pointe, insultes, menaces, et « ami » beaucoup trop pressé.

Ce sujet je l’ai déjà abordé d’une autre façon. A ma manière, lors d’un voyage en Inde. J’étais tellement choquée de la condition de la femme là bas, du nombre délirant d’agressions, un viol toutes les 18 minutes dans le sud-est – et encore ce ne sont que les chiffres officiels, que je ne pouvais rester sans rien faire. Alors j’ai repris des images shootées pour des marques de lingerie ici à Paris et je les ai superposées avec des images de lieux sacrés photographiés lors d’un autre voyage sur les bords de la Yamuna.

Mon idée : mélanger dans les esprits le sacré et le corps de la femme. Ces photos ont été exposées dans une galerie à Pondichéry puis j’ai décidé suite aux réactions fortes rencontrées de les imprimer sur du papier et de les afficher partout où j’aurais le temps d’aller. Les coulisses de ma crise de street art féministe ici

Souvent j’affichais entre 5h et 6h du matin et à 7h mes affiches étaient déjà déchirées.

J’ai quand même l’impression d’avoir marqué le coup. Et même si sur les cinq villes et deux villages parcourus, les sept mille affiches posées je n’ai touché que mille hommes et que sur les mille seulement cent ont reçu le message je me dis que c’est déjà ça. Je pense au colibris, j’ai fait ma part.

Quand j’ai vu le mouvement #metoo et #balancetonporc je me suis dit : Il faudrait que je refasse une campagne dans cette veine à Paris. Seulement voilà je me heurte à quelques obstacles :

En Inde, surtout dans les petites villes, on voit très peu de corps de femme nus ou dénudés en affiche, ça attire donc le regard et ça marque. En France on a une pub de lingerie ou maillot de bain tous les trois mètres, et même pour le parfum les filles portent des micro robes quasi inexistantes. Donc à part du nu intégral à la limite du pornographique, et encore, je ne vois pas bien comment obtenir le même effet.

Autre gros doute, pour les Hindous, le sacré est partout et il est universel : certains fleuves sont sacrés, certains lieux sont sacrés et ils parlent à une grande majorité des gens toutes classes confondues. Ici je ne vois pas quel bâtiment ou paysage sacré je pourrais utiliser : si je choisis une religion pourquoi celle là plus qu’une autre ? Mixer les religions ? Ça mixerait le message il me semble. La république avec des photos de l’Elysée ? Je ne crois pas que grand monde la considère encore sacrée, peut être même pas respectable. La nature ? Qui la porte au rang de déesse à part une poignée d’écolos purs et durs et de bobos en quête de retour à la terre ? Là j’avoue que je sèche.

Alors je reviens sur mon voyage indien, sur ces photos sans grand intérêt artistique mais qui pour moi veulent dire beaucoup. Et j’espère en leur faisant refaire surface aujourd’hui qu’elle secoueront à nouveau un peu les consciences et que l’exotique aura un écho universel pour que le corps des femmes soit enfin respecté ici comme ailleurs.

Merci à Cedrik Verdure pour son soutien sans faille et son aide active,  merci aussi à Garance Rochoux Moreau d’avoir accepté que j’utilise des photos où elle apparait.

 

Une page se tourne

La semaine dernière j’ai rendu le dernier chapitre de mon livre de développement personnel qui permet de trouver son Ikigai. C’est un programme de douze semaines qui propose de se poser des questions fondamentales, de faire le tri entre ce qui nous appartient et ce que l’on croit vouloir, d’y voir plus clair sur ses motivations profondes. « Mon programme ikigai » va paraître début 2018 chez Marabout.

Ce programme est l’aboutissement de mes recherches et de mon travail de coach pendant quatre ans, il est basé sur mon expérience personnelle à partir de laquelle j’ai créé une méthode qui, je l’espère, sera utile à grand nombre d’entre vous. Souvent je reçois des messages de demande de coaching autour de la recherche d’ikigai. Je ne peux pas toujours y répondre et j’espère que ce livre pourra prendre le relais.

J’ai adoré coacher, j’ai rencontré des gens passionnants aux profils étonnants, aux parcours originaux, des créatifs, des multipotentialistes, des zèbres, des gens impliqués dans une vraie démarche de recherche de sens, c’était riche en rebondissements et apprentissages.

Aujourd’hui je sens qu’autre chose m’appelle. Comme à une époque je suis passée de journaliste à photographe, j’ai continué à écrire mais je me consacrais à la photo, comme quand je suis passée de photographe à coach, j’ai continué à aimer les belles images mais je me consacrais à mes jeunes – et moins jeunes – padawans, cette fois la coach passe le flambeau à l’auteur, je reviens à l’écriture. Je ne retourne pas au journalisme, je m’attaque à ce que j’ai toujours voulu faire sans jamais oser me lancer : écrire un roman.

 

 

 

Moins et mieux

Le minimalisme a commencé pour moi en voyage. Ma conversion de fashionista hystérique à minimaliste convaincue s’est faite en Inde où j’ai vécu 3 mois. Voyageant en moto avec le strict minimum, j’ai pu constater que rien ne me manquais, j’aurais pu vivre le restant de mes jours comme ça sans rien de plus. Et être au top du bonheur.

Ça a été une révélation. Je me suis sentie libérée.

Ce que je me racontais « Je meurs si je n’ai pas ce nouveau top », « J’ai besoin d’une nouvelle jupe », « Le shopping me rend heureuse » n’avait aucun sens. Cela me donnait juste l’illusion de remplir mon existence désespérément vide.

J’ai toujours aimé les belles choses, et je les apprécie encore, mais je préfère aujourd’hui la qualité à la quantité. Je n’achète plus que très rarement et j’investis dans de très belles pièces, de belles matières naturelles. La beauté sauvera le monde et il est hors de question de m’en couper. Pour moi le minimalisme n’est pas la privation mais le fait de choisir en conscience des objets agréables, utiles et durables.

En rentrant de mon escapade indienne, j’ai vidé les 3/4 de ma garde-robe, mais aussi de mes livres, mes objets, j’ai donné vendu, débarrassé avec un plaisir sans nom !

Arrêter d’acheter a été plus dur. Le shopping était un loisir pour moi. J’aimais l’idée de la chasse au trésor, trouver la pièce parfaite en parcourant les boutiques me provoquait une excitation que j’ai eu du mal à retrouver ailleurs. Alors je me suis fixé une règle : Si un objet entre chez moi, un autre doit sortir, vu que je n’ai plus que des choses que j’aime cela me rend extrêmement exigeante.

J’ai mis du temps à aligner ma vie avec mes nouvelles convictions  car le shopping était non seulement mon passe-temps mais aussi mon métier : j’étais photographe et blogueuse mode. Pouvais-je encore mettre mon énergie à faire rêver de pièces inaccessibles ? A inciter les autres à faire ce que je ne voulais plus faire : acheter encore et encore, désirer de la nouveauté encore et encore ? Non, bien sûr que non !

Au début je me disais que puisque j’ai toujours choisi avec la plus grande attention les marques avec lesquelles je collaborais, j’incitais les gens à faire de bons choix. Que je prônais la qualité. Que je faisais rêver, cela ne faisait de mal à personne. Mais je sentais bien que je n’étais pas droite dans mes bottines pailletées.

Alors j’ai entamé une longue reconversion. Grâce à mon minimalisme nouveau j’ai pu économiser, refuser les jobs les plus vides de sens, m’offrir le luxe d’étudier, repartir en Inde faire des formations, investir dans mon développement personnel, ma vie, mon avenir plutôt que dans un énième nouveau jean parfait.

Pour la première fois de ma vie j’ai eu l’impression de décider réellement ce que je faisais. De faire avancer les choses pour moi mais aussi, quelque part pour le monde.

Aujourd’hui je suis coach, conférencière et auteur, j’aide les gens à faire le vide en eux pour mieux se connaître et se reconnecter avec leur joie de vivre. Mon minimalisme aura transformé jusqu’à ma vision de la vie et je suis persuadée qu’il peut changer celle de nombre d’entre nous !

Et vous, vous en êtes où avec la (sur-)consommation ?

 

 

Comment votre absence de passion vous rend passionnant

Si comme moi vous vous intéressez et aimez faire plein de choses qui n’ont souvent aucun lien les unes avec les autres — dans mon cas, entre autres : danser dans l’eau, la sculpture italienne, la naturopathie, les théories d’Alice Miller, les romans initiatiques, le cinéma israélien, les jeux de société, le pilates, la gastronomie française, la musique indienne, le tarot de Marseille, l’artisanat, le minimalisme, etc. Cette liste est sans fin puisque j’en découvre chaque jour.

Si rien ne retient votre attention très longtemps, mais tout vous intéresse.

Si comme moi vous avez eu un mal fou à savoir ce que vous vouliez faire quand vous serez plus grand.

Ou plutôt vous avez tout voulu faire : Pilote d’avion, chanteuse de cabaret, restaurateur, artiste peintre, chercheur en anthropologie, psychologue, directeur de cabinet ministériel, chauffeur d’ambassade et j’en passe.

Si comme moi vous n’arrivez toujours pas à vous en tenir à un seul métier, ni même un seul domaine.

Et ça vous donne l’impression de ne pas avoir de but dans la vie.

Vous êtes probablement aussi un multipotentialiste

Le genre humain est complexe, il y a les introvertis et les extravertis, de la même manière il y a les spécialistes, ceux qui ont une passion, une seule et qui y consacrent toute leur existence, et les multipotentialistes qui ont un besoin vicéral de nouveauté.

Apprendre l’existence de cette façon d’être, me rendre compte que je n’étais pas la seule, bien au contraire m’a libérée.

Non je n’étais pas inconstante, dilettante, et trop légère comme on a pu me le faire croire.

Non je n’étais pas obligée de choisir, bien au contraire je pouvais nourrir mes différentes envies les unes avec les autres.

Créer du lien là où personne n’en avait vu avant.

Comme par exemple quand j’ai fusionné mes photos de lingerie et mes photos de lieux sacrés pour coller des affiches revendiquant le sacré de la féminité en Inde.

Ou quand j’ai fait barouder mes Louboutin sur des chemins improbables lors de mes voyages.

Ou encore quand j’ai proposé à une ONG indienne de donner une direction artistique à sa ligne de vêtements pour mieux les vendre à l’international.

Imaginer des solutions, créer de nouvelles façons de faire, oser mixer l’improbable, c’est ce que peuvent apporter les multipotentialistes en travaillant avec des spécialistes.

Non il n’y a pas que les spécialistes qui soient pertinents et intéressants, je pouvais moi aussi apporter ma pierre à l’édifice. Un soulagement que j’aimerais partager avec tous ceux qui souffrent du syndrôme de l’impossibilité de choisir.

Arrêtez de vouloir choisir. Arrêtez de vous censurer. Laissez vous la liberté de faire tout ce qui vous met en joie.

Oui tout ! De sirène à tarologue, d’animatrice radio à guide touristique, de styliste à photographe, dès que j’ai suivi ce qui me faisait follement envie j’ai accompli des choses merveilleuses.

Prenez la joie comme boussole, arrêtez d’écouter les autres ou votre peur et lancez vous sur votre chemin de vie, plus il sera personnel, plus votre contribution au monde sera intéressante, foncez !

Mon déclic de changement de carrière

Mon parcours est très atypique et j’ai changé plusieurs fois de métier. Aujourd’hui je voudrais vous raconter le déclic qui m’a donné envie de dire adieu à ma vie de blogueuse mode. Ce moment précis où j’ai su que je n’étais plus à ma place.

Je tenais depuis six ans carolinedaily.com le blog marchait bien et j’avais la chance d’en vivre. Je faisais le tour du monde pour suivre les fashion week. Sur le papier un job de rêve. Dans la réalité, en ce qui me concerne, moins.

Le déclic est arrivé au festival de Cannes.

J’y étais invitée dans d’excellentes conditions : coiffée et maquillée par L’Oréal – comme les stars, habillée par Elie Saab – vous savez les robes de tapis rouge à paillettes et froufrous, et chaussée par Louboutin – la semelle rouge, conviée à toutes les soirées les plus vip avec un seul but : faire rêver mes lectrices en racontant mes aventures quotidiennes.

En vrai :

Deux heures de coiffure maquillage par jour c’est drôle le premier, pénible le deuxième, une épreuve le troisième !

Les robes Elie Saab n’étaient pas du tout coupées pour moi, j’avais l’air d’un sac dans la plupart, sans compter que les plus belles étaient réservées aux « vraies » stars. Accessoirement elles sont toutes hyper légères, à Cannes en mai il fait souvent froid le soir et quand on n’est pas Kristen Dunst on fait la queue partout : pour les marches, pour les soirées, sans compter que beaucoup de soirées sont sur la plage donc dehors dans le vent.

Les Louboutin sont magnifiques mais 10 à 12cm de talons pour arpenter Cannes de long en large, on marche beaucoup au festival, c’est de la torture chinoise. Plus sur les plages le sol est fait de parquet avec des planches assez écartées les unes des autres, un vrai jeu de précision pour marcher sans tomber.

Il y a toujours plus vip que la soirée où vous êtes invité, surtout à Cannes, on a toujours l’impression de ne pas être à la bonne soirée car il y en a trop.

Au delà de ces considération que toutes mes copines – et probablement vous aussi – considéraient comme des caprices de petite fille trop gâtée, je ne me sentais pas légitime, j’avais l’impression de n’avoir rien à faire là.

Et c’est le troisième soir de cette mascarade, à minuit, une coupe de champagne rosé à la main, dans la soirée la plus inaccessible du jour, mon chignon sur la tête qui tire, ma robe qui gratte, mes escarpins qui m’écrasent les orteils, me sentant déguisée, essayant de sourire à l’objectif du charmant photographe d’un magazine sur les people la nuit, n’y parvenant pas, que j’ai compris.

J’étais au top de ce que ce job pouvait offrir et je me sentais très mal. Je n’arrivais même pas à sortir un faux sourire pour une photo tellement au fond j’étais triste.

Telle Cendrillon je suis partie en courant de la soirée – pieds nus sinon c’est impossible – j’ai pleuré 48 heures et je me suis juré de changer radicalement de vie. Tout ça n’avait aucun sens et là était le problème.

J’ai mis près d’un an à trouver un début de nouvelle direction et encore deux à la préciser. Il m’a fallu du courage pour abandonner mes privilèges, mais aujourd’hui je me sens enfin moi même et ça n’a pas de prix.

Et vous qu’est ce qui vous a fait changer de carrière ? Qu’avez vous dû abandonner ? Qu’y avez vous gagné ?