Mon programme Ikigai traduit en 7 langues

Il y a deux ans à la même date j’ai rendu le dernier chapitre de mon livre de développement personnel qui permet de trouver son Ikigai. C’est un programme de douze semaines qui propose de se poser des questions fondamentales, de faire le tri entre ce qui nous appartient et ce que l’on croit vouloir, d’y voir plus clair sur ses motivations profondes. « Mon programme ikigai » est paru en février 2018 chez Marabout existe maintenant en poche et traduit en 7 langues : Espagnol, italien, russe, vietnamien, anglais, néerlandais, et allemand.

Mon programme Ikigai traduit en russe

 

Ce programme est l’aboutissement de mes recherches et de mon travail de coach et hypnothérapeute.

 

 

 

 

Mon roman feelgood « Va vers ta peur » paraît chez Marabout

On m’a demandé depuis quand j’écris. Je n’ai pas su répondre. Peut être depuis que je sais former des lettres et composer des phrases ? Un peu ridicule et finalement assez prétentieux. Quand est ce que j’ai réalisé que j’écrivais est peut être la question à laquelle répondre. Là encore je ne sais pas. Au lycée mon écriture m’a permis de me sortir de contrôles surprises où mes connaissances n’étaient pas à la hauteur, c’est là que j’ai pris conscience que mes mots avaient le pouvoir de faire oublier, d’embuer, d’emmener ailleurs, au moins mes professeurs. Alors j’ai écrit, à la fac, puis très vite des interventions à l’antenne pour la radio, des articles pour la presse féminine, des guides pratiques, des posts de blog. J’ai écrit sans oser me lancer. Sans tenter quoi que ce soit d’un peu personnel. Jusqu’au jour où j’ai compris que je ne serais jamais heureuse si je n’essayais pas. Alors je me suis rendue dans un atelier d’écriture, et pour la première fois j’ai vraiment tenté l’expérience de la page blanche, la vraie. Par chance je suis tombée sur un écrivain extraordinaire qui m’a comprise et encouragée. Qui a vu derrière mes figures de style maladroites le potentiel, la possibilité d’un livre. Grâce à ses remarques je me suis lancée, j’ai écrit un roman, raconté à ma façon des moments très intimes, je me suis sentie nue, démunie. Surtout quand, malgré les réactions positives d’autres animateurs d’ateliers et écrivains reconnus, en dépit des remarques prometteuses de mes proches, j’ai commencé à recevoir des lettres de refus. Pour ne pas me décourager je suis remontée à la source : pourquoi est ce que j’ai voulu écrire ? Quand s’est produit le déclic ? J’en ai parlé avec une éditrice avec qui je voyageais en train pour me rendre à une signature pour mon dernier guide de développement personnel, elle a aimé mon histoire au point qu’elle m’a proposé de l’écrire. Ecrire en sachant que j’allais être lue, c’est tout à fait différent. Oser me dévoiler, raconter mes moments absurdes, mes doutes, mes faux pas. Ce premier roman édité qui techniquement est mon deuxième, sortira le 6 février. Il s’appelle « Va vers ta peur », c’est Marabout qui a cru en moi, pas Gallimard ni Grasset, certains diront que ça n’est pas vraiment de la littérature, d’autres que ce n’est pas tout à fait un récit, ou bien peut être personne n’en dira rien. Tout ce que je sais c’est qu’il est né de mon envie d’encourager chacun à se lancer, vivre ses envies et lâcher ses idées reçues.

Zèbre et multipotentialiste mon parcours hors normes

J’ai cru ne jamais réussir à trouver mon équilibre, ma voie. Multipotentialiste et zèbre aujourd’hui j’ai accepté d’être hors normes et j’ai trouvé une façon de travailler et de vivre qui me correspond.

Jusque là, je remettais tout en question juste au moment où mes efforts auraient enfin pu être récompensés. La spirale infernale était toujours la même : Découverte d’un sujet, fusion totale : plus rien d’autre n’existe, passion absolue :  seul mon sujet a du sens, et d’un seul coup, sans prévenir, au détour d’une phrase, d’une virgule, d’une réflexion anodine, plus rien : l’ennui. Le vide. Je reprennais la main, m’interrogeais, virevoltais, touchait à tout jusqu’à être à nouveau happée dans une obsession éphémère qui se transformait en métier puis en désamour, c’était la loi.

Après un Bac ES pour ne pas choisir entre Science Po et la fac de psy j’opte pour le plus improbable : les Beaux Arts. Découvrir toutes les techniques, le fusain, la peinture à l’huile, l’aquarelle, la magie des couleurs, avoir le droit de changer d’avis tout le temps, de passer des heures dans les musées. Craquer au bout d’un an, réaliser que je n’ai pas du tout le niveau, que finalement je ne me voit pas faire « que » ça.

Chercher un job d’étudiante en attendant de trouver quoi étudier et me retrouver animatrice radio pour Radio France. Sur Fip. Le rêve : je suis dans ma bulle, on m’écoute quand je parle mais je ne vois personne, je lis des tas de choses passionnantes sur le théâtre, le cinéma, les expositions, l’art, je suis invitée aux avant premières. On m’offre un CDI autant dire un poste à vie car Radio France c’est très stable, et je commence à aimer moins ça. Trouver des jobs parallèles pour remplir mon besoin de nouveauté, écrire pour un magazine local sur les concerts et les spectacles, écrire un guide touristique de la ville et de la région mais ça ne suffit pas, je demande une formation en interne pour devenir journaliste.Découvrir les antennes locales, le machisme ambiant, comprendre que ce n’est pas ma vie, partir dans la plus grande incompréhension de tous.

Un accident, opération du nez, rhinoplastie, le déclic. Interviewer des chirurgiens, des patients, me poser des questions éthiques et philosophiques sur la chirurgie esthétique, lire toutes les publications possibles, écrire un livre sur la rhinoplastie. Décrocher des piges dans la presse beauté. Découvrir les chercheurs, leur course à l’éternelle jeunesse, trouver tout ça fascinant. Un matin ouvrir l’oeil et savoir que tout est fini. Etre incapable de terminer ce papier sur les bonnes et les mauvaises raisons de se faire opérer. Commencer à écrire pour mon magazine préféré : Cosmopolitan. Ecrire sur les relations de couple, sur l’amour, sur la vie, créer des tests, des papiers rigolos comme ceux que je lisais ado. Me passionner pour le monde des psy, les livre de développement personnel, rencontrer les plus grands, les mettre en avant, adorer ce métier puis un jour sans l’avoir vu venir, avoir envie d’autre chose.

Découvrir internet, ouvrir un blog pour voir. Y aller chaque jour raconter des histoires. Rencontrer des lecteurs. De plus en plus de lecteurs. Adorer ça. Vouloir tout maîtriser, apprendre le langage CSS pour pouvoir changer le design seule, apprendre le HTML pour ajouter des fonctionnalités. Rêver un instant de devenir développeur. Taper des chiffres et des lettres et faire apparaître des images. Magie. Ecrire des textes et obtenir des milliers de commentaires. Avoir un avis décalé et m’apercevoir que beaucoup le partagent. Un soir les yeux ne brillent plus mais piquent, les idées ne fusent plus, la page restera blanche.

Voir des polaroïds, trouver un vieil appareil et devenir photographe, suivre les fashion-week, vendre mes images à des magazines, être exposée, faire des petites photos carrées chaque jour, chaque minute, chaque seconde, ne parler que de ça, ne lire que sur les techniques, les artistes, ne regarder qu’à travers ma collection d’appareils, réussir la prouesse d’en vivre, et ce soir là, en feuilletant un magazine, dans un battement de cil ne plus ressentir aucun frisson. Aller à reculons aux shootings, faire échouer les opportunités, ne plus avoir d’envie du tout. Vouloir disparaître. Prendre un avion Le faire.

Dessiner une robe, ouvrir un livre technique, retravailler le dessin, me fasciner pour le tomber qui varie en fonction des plis au millimètre près. Dessiner du matin au soir, remplir des centaines de carnets, lire, rencontrer des créateurs, absorber des informations techniques jusqu’à plus soif. Voyager, mixer les cultures, décrocher la direction artistique d’une marque indienne. Chercher l’inspiration, trouver une thématique, dessiner une collection. Vingt cinq robes, huit vestes, trois pantalons et douze blouses plus tard être félicitée, plébiscitée par les acheteurs, devoir dessiner la prochaine saison et là, sans préavis, ne plus rien avoir à dire. Le néant.  Au point de devoir démissionner.

Chercher une recette de grand-mère pour soigner un rhume, un miracle. Avoir envie d’aller plus loin, lire vingt trois livres sur les remèdes naturels. Expérimenter, être fascinée par la facilité avec laquelle on peut guérir de tout. Découvrir la nourriture saine et son pouvoir étonnant. Arrêter la viande. Les produits laitiers. Evangéliser. Guérir les proches, les amis. Entamer une formation, obtenir un diplôme, m’installer comme naturopathe. Commencer à avoir une petite clientèle, des proches, des moins proches, des inconnus, le bouche à oreilles. Et au énième “J’ai mal au ventre” avoir envie de jeter les 143 huiles essentielles et 7890 pages de solutions à tout par la fenêtre. Ne pas le faire. Terminer douloureusement la consultation. Ne plus répondre aux sollicitations. Annuler tous les rendez-vous. Ne plus soigner personne.

Ouvrir un grand questionnement sur la vie, l’orientation, le sens à lui donner. Lire des livres de coaching, d’hypnose de thérapies en tout genre, dévorer toute la section psychologie de la bibliothèque en quelques mois, suivre une formation de coaching, des mooc sur le sens de la vie, l’accompagnement thérapeutique, passer le diplôme d’hypnothérapeute, devenir coach certifiée. Expérimenter toutes les formes de thérapies, voir des énergéticiennes, des coachs, des psy, suivre des cercles de constellations familiales. Avoir mes premiers clients, des retours cinq étoiles sur le meilleur site de développement personnel parisien. Décrocher un contrat pour créer une méthode pour donner du sens à sa vie, « Mon programme Ikigai », livre traduit en 7 langues. Prendre du recul, me remettre en question, est ce vraiment la bonne voie ?

Choc écologique, tout mettre entre parenthèses, avoir envie de faire ma part du boulot, militer, réfléchir à des solutions, vouloir réparer là où j’ai l’impression d’avoir pêché : la mode, lancer un groupe sur la thématique de la « Garde robe capsule » et proposer à des centaines de femmes de trouver leur style pour consommer moins et mieux. Sortir une BD sur la déconsommation « Slow conso » et un livre sur le minimalisme vestimentaire « Ma Garde-robe Capsule » avec Violette Sauvage chez Larousse. Proposer des coaching autour du minimalisme, du tri, de la déconsommation.

Puis revenir à ce que j’aime le plus : explorer les mondes intérieurs en me formant à la sylvothérapie et au chamanisme. Approfondir ma proposition de soins, oser me présenter comme thérapeute, me lancer dans les cours de méditation, l’hypnose collective et individuelle, l’accompagnement thérapeutique à ma manière. Continuer à écrire toujours sur des sujets différents autour du bien être et créer des soins et des rituels pour des hôtels. Toujours faire plein de choses en même temps et l’assumer.

Voilà où j’en suis aujourd’hui. Multipotentialiste, hypersensible, amoureuse de la nature, introvertie et zen j’ai redéfini mes priorités et trouvé mon équilibre, ma façon personnelle de mener les consultations, d’équilibrer mes journées entre temps sociables et temps grotte, accepter d’avoir un univers à part et qui continue de s’enrichir de jour en jour.

 

 

Zébre, qu’est ce que c’est ?

Je suis un zèbre. Un profil haut potentiel.

On vient de m’expliquer que je fonctionne en arborescence contrairement à la majorité des gens dont la réflexion se fait de façon linéaire. Cela ne veut pas dire que je suis plus intelligente, juste que ma façon de réfléchir est différente.

Ça fait peur, ce « coming out intellectuel », quatre fois que j’enregistre en brouillon, efface, reprends cet article. Le mois dernier j’ai passé le test de douance pour adultes, le Wais, et je me dis que si ce petit compte-rendu de mon expérience peut permettre à certains hésitants de sauter le pas, ça vaut le coup d’être raconté.

Des années que mes amis, les coachs et thérapeutes que j’ai rencontré ou consulté me disent plus ou moins clairement, plus ou moins directement que je devrais regarder ce type de profils, que je devrais me faire tester. Au début je n’y prêtais aucun crédit. Haut potentiel moi ? Pff n’importe quoi je n’ai même pas fait d’études brillantes. La multiplication des « Tiens j’ai pensé à toi » + lien vers des descriptions de haut potentiel, des « C’est tellement évident », a commencé à m’interroger. J’ai lu le livre de Christel Petitcolin « Je pense trop » et me suis reconnue à chaque ligne. Puis j’en ai parlé à des gens qui m’ont dit que n’importe qui pourrait s’y reconnaître, comme dans un thème astral, alors je me suis dit que je ferais mieux de me concentrer sur autre chose. Puis c’est revenu dans ma vie, une amie m’a dit que je devrais le faire pour mes enfants, pour être préparée au cas où car les chiens ne font pas des chats.

Le mois dernier après beaucoup d’hésitations, n’en pouvant plus de m’interroger : un matin en être persuadée, le lendemain me dire que c’est improbable, j’ai eu envie d’en avoir le cœur net. Alors j’ai pris rendez-vous avec une psychologue spécialiste de la douance qui fait passer le fameux WAIS. J’ai failli annuler maintes fois ce rendez-vous. C’est dur de se confronter à la réalité. Ai-je vraiment une différence qui justifie mes errances ou est ce simplement dans ma tête ?

Le matin du test je n’en menais pas large. Heureusement je suis tombée sur une vraie pro. Douce, positive, elle a su m’écouter et m’encourager. Le test m’a semblé tantôt ridiculement facile, tantôt fatiguant, et globalement un peu agaçant. Ranger des cubes, répondre à des questions, retenir des suites de chiffres, rien de bien passionnant et pourtant c’est fou ce que cela peut révéler.

Selon la psychologue, je suis la reine de la débrouille, du bricolage, je n’ai aucune organisation mais j’arrive toujours à tirer mon épingle du jeu. Je pensais repartir avec un bête chiffre, décevant ou impressionnant, je suis sortie de là avec une connaissance de mon cerveau stupéfiante. Et bizarrement sans chiffre. Non je n’épaterai pas la galerie avec mon super QI car en réalité mon haut potentiel explose dans certains domaines, et rejoint la norme dans d’autres. Si je suis très douée pour les mots – j’ai bien choisi mon métier – et la visualisation dans l’espace – d’où mon attirance pour les arts, je le suis moins pour la vitesse de traitement – d’où mon amour de l’Inde où tout le monde est au ralenti.

Au final savoir ce qui est facile pour moi, ce qui représente un défi et comprendre les coulisses de mes épopées un peu à part a été libérateur. C’est un grand pas pour accepter ce que je suis : une touche à tout qui aime la liberté et la nouveauté.

Ce cadeau de la douance vient avec des petites choses un peu moins drôles, je suis hypersensible et sujette à de légers troubles de l’attention. Je comprends enfin pourquoi j’oublie ce que je suis sortie acheter une fois dehors, pourquoi après deux minutes, je ne sais déjà plus le prénom des gens qu’on vient de me présenter,  pourquoi je zappe les dates d’anniversaires et les rendez-vous. A la lumière de ces indications je sais mieux comment me protéger, je connais mes points faibles. En bref, si vous hésitez à faire ce test, allez-y, quelque soit le résultat vous vous comprendrez mieux, vous accepterez d’avantage et vous y verrez beaucoup plus clair.

 

 

 

 

Mouvement #meetoo, condition féminine en Inde, ma petite contribution

J’ai tellement hésité à poster mon #metoo que j’ai raté le coche. Les histoires de mes amies, mes connaissances, mes contacts professionnels m’ont tellement choquée, par leur nombre, par le fait que même les plus proches n’avaient rien dit, parfois un vague sous entendu, clairement il y a un genre d’omerta, mais le pire,le plus bouleversant pour moi, c’était leur violence. A côté les miennes c’est du pipi de chat.  Le pipi de chat ça pue quand même, on est d’accord, mais bon j’ai tellement l’impression d’être chanceuse avec mes classiques – c’est quand même fou que ce soit aussi banal – : poursuites dans le métro, frottements même pas à l’heure de pointe, insultes, menaces, et « ami » beaucoup trop pressé.

Ce sujet je l’ai déjà abordé d’une autre façon. A ma manière, lors d’un voyage en Inde. J’étais tellement choquée de la condition de la femme là bas, du nombre délirant d’agressions, un viol toutes les 18 minutes dans le sud-est – et encore ce ne sont que les chiffres officiels, que je ne pouvais rester sans rien faire. Alors j’ai repris des images shootées pour des marques de lingerie ici à Paris et je les ai superposées avec des images de lieux sacrés photographiés lors d’un autre voyage sur les bords de la Yamuna.

Mon idée : mélanger dans les esprits le sacré et le corps de la femme. Ces photos ont été exposées dans une galerie à Pondichéry puis j’ai décidé suite aux réactions fortes rencontrées de les imprimer sur du papier et de les afficher partout où j’aurais le temps d’aller. Les coulisses de ma crise de street art féministe ici

Souvent j’affichais entre 5h et 6h du matin et à 7h mes affiches étaient déjà déchirées.

J’ai quand même l’impression d’avoir marqué le coup. Et même si sur les cinq villes et deux villages parcourus, les sept mille affiches posées je n’ai touché que mille hommes et que sur les mille seulement cent ont reçu le message je me dis que c’est déjà ça. Je pense au colibris, j’ai fait ma part.

Quand j’ai vu le mouvement #metoo et #balancetonporc je me suis dit : Il faudrait que je refasse une campagne dans cette veine à Paris. Seulement voilà je me heurte à quelques obstacles :

En Inde, surtout dans les petites villes, on voit très peu de corps de femme nus ou dénudés en affiche, ça attire donc le regard et ça marque. En France on a une pub de lingerie ou maillot de bain tous les trois mètres, et même pour le parfum les filles portent des micro robes quasi inexistantes. Donc à part du nu intégral à la limite du pornographique, et encore, je ne vois pas bien comment obtenir le même effet.

Autre gros doute, pour les Hindous, le sacré est partout et il est universel : certains fleuves sont sacrés, certains lieux sont sacrés et ils parlent à une grande majorité des gens toutes classes confondues. Ici je ne vois pas quel bâtiment ou paysage sacré je pourrais utiliser : si je choisis une religion pourquoi celle là plus qu’une autre ? Mixer les religions ? Ça mixerait le message il me semble. La république avec des photos de l’Elysée ? Je ne crois pas que grand monde la considère encore sacrée, peut être même pas respectable. La nature ? Qui la porte au rang de déesse à part une poignée d’écolos purs et durs et de bobos en quête de retour à la terre ? Là j’avoue que je sèche.

Alors je reviens sur mon voyage indien, sur ces photos sans grand intérêt artistique mais qui pour moi veulent dire beaucoup. Et j’espère en leur faisant refaire surface aujourd’hui qu’elle secoueront à nouveau un peu les consciences et que l’exotique aura un écho universel pour que le corps des femmes soit enfin respecté ici comme ailleurs.

Merci à Cedrik Verdure pour son soutien sans faille et son aide active,  merci aussi à Garance Rochoux Moreau d’avoir accepté que j’utilise des photos où elle apparait.

 

Moins et mieux

Le minimalisme a commencé pour moi en voyage. Ma conversion de fashionista hystérique à minimaliste convaincue s’est faite en Inde où j’ai vécu 3 mois. Voyageant en moto avec le strict minimum, j’ai pu constater que rien ne me manquais, j’aurais pu vivre le restant de mes jours comme ça sans rien de plus. Et être au top du bonheur.

Ça a été une révélation. Je me suis sentie libérée.

Ce que je me racontais « Je meurs si je n’ai pas ce nouveau top », « J’ai besoin d’une nouvelle jupe », « Le shopping me rend heureuse » n’avait aucun sens. Cela me donnait juste l’illusion de remplir mon existence désespérément vide.

J’ai toujours aimé les belles choses, et je les apprécie encore, mais je préfère aujourd’hui la qualité à la quantité. Je n’achète plus que très rarement et j’investis dans de très belles pièces, de belles matières naturelles. La beauté sauvera le monde et il est hors de question de m’en couper. Pour moi le minimalisme n’est pas la privation mais le fait de choisir en conscience des objets agréables, utiles et durables.

En rentrant de mon escapade indienne, j’ai vidé les 3/4 de ma garde-robe, mais aussi de mes livres, mes objets, j’ai donné vendu, débarrassé avec un plaisir sans nom !

Arrêter d’acheter a été plus dur. Le shopping était un loisir pour moi. J’aimais l’idée de la chasse au trésor, trouver la pièce parfaite en parcourant les boutiques me provoquait une excitation que j’ai eu du mal à retrouver ailleurs. Alors je me suis fixé une règle : Si un objet entre chez moi, un autre doit sortir, vu que je n’ai plus que des choses que j’aime cela me rend extrêmement exigeante.

J’ai mis du temps à aligner ma vie avec mes nouvelles convictions  car le shopping était non seulement mon passe-temps mais aussi mon métier : j’étais photographe et blogueuse mode. Pouvais-je encore mettre mon énergie à faire rêver de pièces inaccessibles ? A inciter les autres à faire ce que je ne voulais plus faire : acheter encore et encore, désirer de la nouveauté encore et encore ? Non, bien sûr que non !

Au début je me disais que puisque j’ai toujours choisi avec la plus grande attention les marques avec lesquelles je collaborais, j’incitais les gens à faire de bons choix. Que je prônais la qualité. Que je faisais rêver, cela ne faisait de mal à personne. Mais je sentais bien que je n’étais pas droite dans mes bottines pailletées.

Alors j’ai entamé une longue reconversion. Grâce à mon minimalisme nouveau j’ai pu économiser, refuser les jobs les plus vides de sens, m’offrir le luxe d’étudier, repartir en Inde faire des formations, investir dans mon développement personnel, ma vie, mon avenir plutôt que dans un énième nouveau jean parfait.

Pour la première fois de ma vie j’ai eu l’impression de décider réellement ce que je faisais. De faire avancer les choses pour moi mais aussi, quelque part pour le monde.

Aujourd’hui je suis coach, conférencière et auteur, j’aide les gens à faire le vide en eux pour mieux se connaître et se reconnecter avec leur joie de vivre. Mon minimalisme aura transformé jusqu’à ma vision de la vie et je suis persuadée qu’il peut changer celle de nombre d’entre nous !

Et vous, vous en êtes où avec la (sur-)consommation ?

 

 

Comment votre absence de passion vous rend passionnant

Si comme moi vous vous intéressez et aimez faire plein de choses qui n’ont souvent aucun lien les unes avec les autres — dans mon cas, entre autres : danser dans l’eau, la sculpture italienne, la naturopathie, les théories d’Alice Miller, les romans initiatiques, le cinéma israélien, les jeux de société, le pilates, la gastronomie française, la musique indienne, le tarot de Marseille, l’artisanat, le minimalisme, etc. Cette liste est sans fin puisque j’en découvre chaque jour.

Si rien ne retient votre attention très longtemps, mais tout vous intéresse.

Si comme moi vous avez eu un mal fou à savoir ce que vous vouliez faire quand vous serez plus grand.

Ou plutôt vous avez tout voulu faire : Pilote d’avion, chanteuse de cabaret, restaurateur, artiste peintre, chercheur en anthropologie, psychologue, directeur de cabinet ministériel, chauffeur d’ambassade et j’en passe.

Si comme moi vous n’arrivez toujours pas à vous en tenir à un seul métier, ni même un seul domaine.

Et ça vous donne l’impression de ne pas avoir de but dans la vie.

Vous êtes probablement aussi un multipotentialiste

Le genre humain est complexe, il y a les introvertis et les extravertis, de la même manière il y a les spécialistes, ceux qui ont une passion, une seule et qui y consacrent toute leur existence, et les multipotentialistes qui ont un besoin vicéral de nouveauté.

Apprendre l’existence de cette façon d’être, me rendre compte que je n’étais pas la seule, bien au contraire m’a libérée.

Non je n’étais pas inconstante, dilettante, et trop légère comme on a pu me le faire croire.

Non je n’étais pas obligée de choisir, bien au contraire je pouvais nourrir mes différentes envies les unes avec les autres.

Créer du lien là où personne n’en avait vu avant.

Comme par exemple quand j’ai fusionné mes photos de lingerie et mes photos de lieux sacrés pour coller des affiches revendiquant le sacré de la féminité en Inde.

Ou quand j’ai fait barouder mes Louboutin sur des chemins improbables lors de mes voyages.

Ou encore quand j’ai proposé à une ONG indienne de donner une direction artistique à sa ligne de vêtements pour mieux les vendre à l’international.

Imaginer des solutions, créer de nouvelles façons de faire, oser mixer l’improbable, c’est ce que peuvent apporter les multipotentialistes en travaillant avec des spécialistes.

Non il n’y a pas que les spécialistes qui soient pertinents et intéressants, je pouvais moi aussi apporter ma pierre à l’édifice. Un soulagement que j’aimerais partager avec tous ceux qui souffrent du syndrôme de l’impossibilité de choisir.

Arrêtez de vouloir choisir. Arrêtez de vous censurer. Laissez vous la liberté de faire tout ce qui vous met en joie.

Oui tout ! De sirène à tarologue, d’animatrice radio à guide touristique, de styliste à photographe, dès que j’ai suivi ce qui me faisait follement envie j’ai accompli des choses merveilleuses.

Prenez la joie comme boussole, arrêtez d’écouter les autres ou votre peur et lancez vous sur votre chemin de vie, plus il sera personnel, plus votre contribution au monde sera intéressante, foncez !

Mon déclic de changement de carrière

Mon parcours est très atypique et j’ai changé plusieurs fois de métier. Aujourd’hui je voudrais vous raconter le déclic qui m’a donné envie de dire adieu à ma vie de blogueuse mode. Ce moment précis où j’ai su que je n’étais plus à ma place.

Je tenais depuis six ans carolinedaily.com le blog marchait bien et j’avais la chance d’en vivre. Je faisais le tour du monde pour suivre les fashion week. Sur le papier un job de rêve. Dans la réalité, en ce qui me concerne, moins.

Le déclic est arrivé au festival de Cannes.

J’y étais invitée dans d’excellentes conditions : coiffée et maquillée par L’Oréal – comme les stars, habillée par Elie Saab – vous savez les robes de tapis rouge à paillettes et froufrous, et chaussée par Louboutin – la semelle rouge, conviée à toutes les soirées les plus vip avec un seul but : faire rêver mes lectrices en racontant mes aventures quotidiennes.

En vrai :

Deux heures de coiffure maquillage par jour c’est drôle le premier, pénible le deuxième, une épreuve le troisième !

Les robes Elie Saab n’étaient pas du tout coupées pour moi, j’avais l’air d’un sac dans la plupart, sans compter que les plus belles étaient réservées aux « vraies » stars. Accessoirement elles sont toutes hyper légères, à Cannes en mai il fait souvent froid le soir et quand on n’est pas Kristen Dunst on fait la queue partout : pour les marches, pour les soirées, sans compter que beaucoup de soirées sont sur la plage donc dehors dans le vent.

Les Louboutin sont magnifiques mais 10 à 12cm de talons pour arpenter Cannes de long en large, on marche beaucoup au festival, c’est de la torture chinoise. Plus sur les plages le sol est fait de parquet avec des planches assez écartées les unes des autres, un vrai jeu de précision pour marcher sans tomber.

Il y a toujours plus vip que la soirée où vous êtes invité, surtout à Cannes, on a toujours l’impression de ne pas être à la bonne soirée car il y en a trop.

Au delà de ces considération que toutes mes copines – et probablement vous aussi – considéraient comme des caprices de petite fille trop gâtée, je ne me sentais pas légitime, j’avais l’impression de n’avoir rien à faire là.

Et c’est le troisième soir de cette mascarade, à minuit, une coupe de champagne rosé à la main, dans la soirée la plus inaccessible du jour, mon chignon sur la tête qui tire, ma robe qui gratte, mes escarpins qui m’écrasent les orteils, me sentant déguisée, essayant de sourire à l’objectif du charmant photographe d’un magazine sur les people la nuit, n’y parvenant pas, que j’ai compris.

J’étais au top de ce que ce job pouvait offrir et je me sentais très mal. Je n’arrivais même pas à sortir un faux sourire pour une photo tellement au fond j’étais triste.

Telle Cendrillon je suis partie en courant de la soirée – pieds nus sinon c’est impossible – j’ai pleuré 48 heures et je me suis juré de changer radicalement de vie. Tout ça n’avait aucun sens et là était le problème.

J’ai mis près d’un an à trouver un début de nouvelle direction et encore deux à la préciser. Il m’a fallu du courage pour abandonner mes privilèges, mais aujourd’hui je me sens enfin moi même et ça n’a pas de prix.

Et vous qu’est ce qui vous a fait changer de carrière ? Qu’avez vous dû abandonner ? Qu’y avez vous gagné ?