Et si on arrêtait de se contorsionner ?

Se contorsionner pour réussir, c’est ce que l’on nous demande de faire la plupart du temps. Et on croit que c’est une bonne idée.

On pense qu’il faut faire des efforts, se plier, accepter l’inacceptable pour réussir. Mais qu’est ce que réussir ? Etre au top d’un métier usant qui nous prend notre temps et notre bonne humeur ?

Pendant des années j’ai essayé de rentrer dans le moule, d’être comme je pensais qu’il fallait être pour qu’on m’accepte, pour  y arriver. Ça a marché d’une certaine manière puisque j’ai réussi une carrière de blogueuse mode entre autres. Au détail près que ce n’était pas mon rêve, j’ai accompli le rêve de quelqu’un d’autre à force de me plier dans tous les sens pour devenir une personne admirable, intéressante, parce que bon moi en vrai pfff aucun intérêt. Une gym épuisante : renier mes vraies envies, mes valeurs, faire semblant.

J’exagère ? Vous n’êtes pas comme ça vous ? Vous n’avez jamais prétendu être ultra dynamique à un entretien alors qu’en vrai vous êtes un peu au ralenti ? Ou raconté que vous adoriez les tâches administratives alors que vous préféreriez vous pendre plutôt que de passer une heure à mettre vos papiers en ordre ?

J’ai une bonne nouvelle pour vous : c’est grave. Oui c’est ce mensonge que tout le monde raconte qui nous rend la vie impossible. Il faut souffrir pour mériter, ce qui fait plaisir ne paie pas, c’est bidon. Là vous allez me dire mais où est la bonne nouvelle ? Eh bien c’est qu’il ne tient qu’à vous de dire STOP.

Toute cette gym est inutile. Oui vous avez bien lu. INUTILE, vous vous épuisez pour rien, alors qu’ailleurs sans efforts vous seriez en plein flow. Vous avez le droit d’exister en tant que vous même. Mieux c’est pour ça que vous êtes là. Laissez le job de boulangère à celle qui aime pétrir la pâte, le poste de it girl à celle qui aime se faire prendre en photo et admirer H24 et cherchez le job que vous feriez naturellement, sans devoir changer, sans prétendre que vous aimez ce que  vous détestez en cachette, sans remettre en question qui vous êtes, juste loyal envers vous même.

 

Râler pour améliorer sa vie ?

Vous râlez souvent ? On vous le reproche ? J’ai longtemps fait partie des râleurs invétérés, c’est si bon de se plaindre. Puis un jour j’ai réalisé grâce à une amie qui m’a dit mes quatre vérités que ça ne me faisait pas avancer, ça n’aidait pas les autres à mieux me comprendre ou à avoir de l’empathie pour moi, au contraire, c’était même plutôt pénible et inutile. Je me suis demandé pourquoi je râlais et j’ai découvert le fond du problème : je râlais quand je n’avais pas le courage de me mettre en action, ça me servait à me placer en victime et à me justifier de ne pas faire avancer les choses. Imaginez, il pleut, mes enfants ce sont réveillés à 6h, il y avait trop de monde dans le métro, j’ai raté le dernier pain au chocolat à la boulangerie donc vous comprendrez qu’aujourd’hui je ne suis pas au top de l’efficacité. Râler me donnait une excuse.

Mais il y a autre chose : Râler donne un super pouvoir, celui d’identifier les problèmes que l’on pourrait résoudre. Dans mon exemple, j’aurais pu comprendre ce qui n’allait pas et faire en sorte de l’améliorer : essayer de coucher mes enfants plus tard ou me coucher plus tôt, prendre le bus ou mon vélo plutôt que le métro, arriver plus tôt ou demander à la boulangère la veille de me garder un pain au chocolat. Alors j’ai décidé de noter à chaque fois que je râlais pour voir. J’ai découvert un monde de détails plus ou moins important que je pouvais changer facilement. Ça a rendu ma vie tellement plus simple, plus légère je me suis dit qu’il fallait que je vous en parle.

Vous voulez essayer ?

  • Pendant toute une journée, notez au moment où vous vous plaignez le sujet de votre complainte et son degré de gravité
  • Le soir, reprenez vos notes : la même raison de vous plaindre revient elle ?
  • Pour chaque plainte trouvez une action que vous pourriez mettre en place pour changer les choses. Par exemple vous vous plaignez de vous prendre tout sur la figure quand vous ouvrez votre dressing, peut être pourriez vous faire un tri, ranger mieux, et investir dans un autre rangement ? Si vous vous plaignez du froid, peut être pourriez vous faire plus de sport pour réchauffer votre système ?
  • Sans perdre de temps mettez en place les actions que vous avez imaginées

La chance, une compétence

On m’a beaucoup dit « Oui mais pour toi c’est facile, tu as de la chance ». Un jour ça a fini par m’énerver alors j’ai essayé d’analyser ce que je faisais que les autres ne font pas. J’en ai tellement trouvé que j’ai écrit une conférence que j’ai donné dans des entreprises et à la School of Life.

Chance vient du latin cadentia : tomber. Avoir de la chance c’est accepter de prendre le risque de tomber. En anglais on dit « take a chance » qui est plus invitant que « prendre un risque ». Pourtant pas de chance sans se mettre en danger : Si on ne lance pas les dés au jeu, on ne peut pas gagner. Si on applique ce principe à la vie on peut choisir de prendre le risque de lancer les dés, ou ne pas bouger et prier pour que la vie ne le fasse pas pour nous. Choisir l’immobilisme c’est parier sur le fait que tout va rester tel quel. Le chanceux souvent devance les coups du destin, démissionne avant d’être licencié, saute avant qu’on le pousse.

Le chanceux reste un humain comme les autres et peut se faire surprendre par la vie, être rejeté, viré, tomber malade ou avoir un accident. Ce qui le différencie dans ce cas, ce n’est pas ce qui lui arrive mais ce qu’il en fait. Transformer une catastrophe en miracle, c’est le talent du chanceux : profiter d’un licenciement pour tout remettre en question et se reconvertir, rebondir après une rupture amoureuse et accomplir un rêve, réinventer sa vie, se remettre en question.

Bien sûr il y a une part de « destin », tout le monde ne part pas avec les mêmes cartes, tout le monde n’a pas les mêmes atouts, mais tout le monde peut choisir de transformer ce qui lui arrive en bénédiction plutôt qu’en malédiction. Et si ça ne marche pas ? Alors accepter de ne pas tout comprendre ni tout contrôler, avoir confiance en la vie, tirer les leçons des échecs, rester résolument optimiste.

 

Se trouver à travers ses vêtements : « Ma garde robe capsule » paraît chez Larousse

Quand je suis devenue minimaliste, ma plus grande difficulté a été de me constituer une garde-robe capsule, c’est à dire un dressing efficace avec peu de pièces qui vont toutes ensemble et que j’adore toutes.

Pour y parvenir j’ai ouvert un groupe sur Facebook : Garde robe capsule : entraide et bonnes idées qui a très vite rencontré un grand succès car il n’en existait pas encore sur ce sujet. Cela m’a permis de trier mais aussi d’apprendre à mieux me connaître et m’accepter. J’ai découvert, même si je le soupçonnait un peu que le vêtement et l’allure n’ont rien de superficiel. Se poser la question de si on souhaite garder des chaussures à talons, si on a vraiment besoin de robes de soirée, si on se sent mieux dans du robuste ou du délicat, si on préfère être moulée ou flotter dans de l’ample pose en réalité la question de la connaissance profonde de ses besoins, ses priorités, ses aspirations et la réalité de son quotidien.

Pendant des années je me suis habillée pour correspondre à l’image d’une jeune femme parisienne tendance, après deux longues années d’errances et de recherches je m’habille pour me sentir bien, belle, en accord avec mes valeurs, mes besoins, mes envies.

J’ai décidé d’en faire un guide quand, en en discutant avec Violette Sauvage, initiatrice des vide-dressings collectifs géants, je me suis aperçue qu’il n’en existait pas et qu’il y avait clairement des tas de conseils et de choses que nous avions vécues qui pourraient être utiles à d’autres.

C’est Larousse qui nous a fait confiance pour publier cet ouvrage, le premier en France qui traite de la garde-robe capsule.

Si le sujet vous inspire, je propose des accompagnements. Ensemble nous pourrons trouver votre « Alchimie de style », déterminer vos besoins et trier votre garde-robe sachant que cela pourra vous permettre non seulement de gagner du temps et de l’espace mais aussi ouvrir de nouvelles perspectives.

Mon programme Ikigai traduit en 7 langues

Il y a deux ans à la même date j’ai rendu le dernier chapitre de mon livre de développement personnel qui permet de trouver son Ikigai. C’est un programme de douze semaines qui propose de se poser des questions fondamentales, de faire le tri entre ce qui nous appartient et ce que l’on croit vouloir, d’y voir plus clair sur ses motivations profondes. « Mon programme ikigai » est paru en février 2018 chez Marabout existe maintenant en poche et traduit en 7 langues : Espagnol, italien, russe, vietnamien, anglais, néerlandais, et allemand.

Mon programme Ikigai traduit en russe

 

Ce programme est l’aboutissement de mes recherches et de mon travail de coach et hypnothérapeute.

 

 

 

 

Mon roman feelgood « Va vers ta peur » paraît chez Marabout

On m’a demandé depuis quand j’écris. Je n’ai pas su répondre. Peut être depuis que je sais former des lettres et composer des phrases ? Un peu ridicule et finalement assez prétentieux. Quand est ce que j’ai réalisé que j’écrivais est peut être la question à laquelle répondre. Là encore je ne sais pas. Au lycée mon écriture m’a permis de me sortir de contrôles surprises où mes connaissances n’étaient pas à la hauteur, c’est là que j’ai pris conscience que mes mots avaient le pouvoir de faire oublier, d’embuer, d’emmener ailleurs, au moins mes professeurs. Alors j’ai écrit, à la fac, puis très vite des interventions à l’antenne pour la radio, des articles pour la presse féminine, des guides pratiques, des posts de blog. J’ai écrit sans oser me lancer. Sans tenter quoi que ce soit d’un peu personnel. Jusqu’au jour où j’ai compris que je ne serais jamais heureuse si je n’essayais pas. Alors je me suis rendue dans un atelier d’écriture, et pour la première fois j’ai vraiment tenté l’expérience de la page blanche, la vraie. Par chance je suis tombée sur un écrivain extraordinaire qui m’a comprise et encouragée. Qui a vu derrière mes figures de style maladroites le potentiel, la possibilité d’un livre. Grâce à ses remarques je me suis lancée, j’ai écrit un roman, raconté à ma façon des moments très intimes, je me suis sentie nue, démunie. Surtout quand, malgré les réactions positives d’autres animateurs d’ateliers et écrivains reconnus, en dépit des remarques prometteuses de mes proches, j’ai commencé à recevoir des lettres de refus. Pour ne pas me décourager je suis remontée à la source : pourquoi est ce que j’ai voulu écrire ? Quand s’est produit le déclic ? J’en ai parlé avec une éditrice avec qui je voyageais en train pour me rendre à une signature pour mon dernier guide de développement personnel, elle a aimé mon histoire au point qu’elle m’a proposé de l’écrire. Ecrire en sachant que j’allais être lue, c’est tout à fait différent. Oser me dévoiler, raconter mes moments absurdes, mes doutes, mes faux pas. Ce premier roman édité qui techniquement est mon deuxième, sortira le 6 février. Il s’appelle « Va vers ta peur », c’est Marabout qui a cru en moi, pas Gallimard ni Grasset, certains diront que ça n’est pas vraiment de la littérature, d’autres que ce n’est pas tout à fait un récit, ou bien peut être personne n’en dira rien. Tout ce que je sais c’est qu’il est né de mon envie d’encourager chacun à se lancer, vivre ses envies et lâcher ses idées reçues.

Défi un an sans « rien de neuf » et ma BD « Slow Conso »

Depuis janvier je me suis lancé le défi de ne rien acheter de neuf pour des raisons écologiques et minimalistes.

Je n’en ai pas parlé tout de suite car honnêtement je ne pensais pas en être capable et j’avais peur de me ridiculiser en craquant une semaine plus tard.
Sept mois après avoir commencé j’ai craqué 5 fois ce que je trouve assez inespéré même si ça n’est pas parfait. J’ai envie de vous livrer un petit bilan de cette expérience que je vais continuer.
Le principe :
J’ai fait mon dernier achat neuf le premier jour des soldes d’hiver en janvier dernier : deux pulls et un gilet.
Depuis je mixe ressourceries, textilerie, emmaüs, dépôt vente, brocantes, braderies, etc que ce soit pour mes vêtements, ceux des enfants, les objets du quotidien et autre.
Mes craquages :
1.En mars, ne trouvant pas de moule à madeleines pendant plus de quinze jours de recherches j’ai dû en prendre un chez Monoprix car mon fils me réclamait des madeleines tous les jours.
 2.En mai, aux soldes de presse Antik Batik où j’ai été pour une amie je n’ai pas pu résister à un top que j’avais déjà par le passé mais qu’un voyage en Inde avait achevé, ultra bradé.
3.En avril un bateau en bois pour l’anniversaire d’un copain de crèche de mon fils par manque de temps pour chiner (invitation de dernière minute)
4. En juillet un livre pour le travail que je n’arrivais pas à trouver d’occasion.
5. En juillet aussi, une paire de sandales neuves car soldée elle était au même prix que celles que j’avais repérées sur vinted et la couleur me plaisait plus j’ai un peu honte car j’aurais pu éviter mais je les adore.
Mes meilleures trouvailles :
1. Un manteau Balmain des années 60 magnifique pile dans mon style et mes couleurs à 10 euros
2. Des mocassins minnetonka un peu chic avec des perles plus travaillées pour 35 euros comme neuves que je porte presque tous les jours
Mes difficultés :
Là où j’ai le plus de mal c’est pour les cadeaux, j’ai l’impression qu’offrir une petite chose chinée vexe parfois certaines personnes et me fait passer pour une radine alors que je trouve des merveilles (robe Bonpoint, veste Dior, etc) que je n’aurais pas pu offrir autrement. Après le fait que la personne ne puisse pas changer complexifie… Et l’immatériel ce n’est pas toujours évident surtout quand c’est quelqu’un qui n’est pas si proche ou un enfant.
Les points positifs :
Je trouve des merveilles, je fais des économies, je prends plus de plaisir à chiner qu’à faire du shopping que j’ai toujours détesté (musique forte dans les boutiques, lumière violente, trop de monde, trop de choses, vendeuses pas sympa ou envahissantes etc) je me sens investie dans une démarche hyper positive, je me sens plus alignée avec mes convictions.
Conclusion :
Je continue et je ne pense pas revenir en arrière même à la fin des 12 mois, peut être de temps en temps pour un cadeau ou des choses difficiles à trouver d’occasion comme la lingerie, les chaussettes et les chaussures mais je garderai toujours le réflexe de regarder en premier la seconde main.
Qui fait ça aussi ? J’aimerais bien vous lire !
De cette démarche j’ai tiré des enseignements que je raconte dans ma BD « Slow Conso » illustrée par Mademoiselle Caroline et parue chez Marabout en février 2020

Zèbre et multipotentialiste mon parcours hors normes

J’ai cru ne jamais réussir à trouver mon équilibre, ma voie. Multipotentialiste et zèbre aujourd’hui j’ai accepté d’être hors normes et j’ai trouvé une façon de travailler et de vivre qui me correspond.

Jusque là, je remettais tout en question juste au moment où mes efforts auraient enfin pu être récompensés. La spirale infernale était toujours la même : Découverte d’un sujet, fusion totale : plus rien d’autre n’existe, passion absolue :  seul mon sujet a du sens, et d’un seul coup, sans prévenir, au détour d’une phrase, d’une virgule, d’une réflexion anodine, plus rien : l’ennui. Le vide. Je reprennais la main, m’interrogeais, virevoltais, touchait à tout jusqu’à être à nouveau happée dans une obsession éphémère qui se transformait en métier puis en désamour, c’était la loi.

Après un Bac ES pour ne pas choisir entre Science Po et la fac de psy j’opte pour le plus improbable : les Beaux Arts. Découvrir toutes les techniques, le fusain, la peinture à l’huile, l’aquarelle, la magie des couleurs, avoir le droit de changer d’avis tout le temps, de passer des heures dans les musées. Craquer au bout d’un an, réaliser que je n’ai pas du tout le niveau, que finalement je ne me voit pas faire « que » ça.

Chercher un job d’étudiante en attendant de trouver quoi étudier et me retrouver animatrice radio pour Radio France. Sur Fip. Le rêve : je suis dans ma bulle, on m’écoute quand je parle mais je ne vois personne, je lis des tas de choses passionnantes sur le théâtre, le cinéma, les expositions, l’art, je suis invitée aux avant premières. On m’offre un CDI autant dire un poste à vie car Radio France c’est très stable, et je commence à aimer moins ça. Trouver des jobs parallèles pour remplir mon besoin de nouveauté, écrire pour un magazine local sur les concerts et les spectacles, écrire un guide touristique de la ville et de la région mais ça ne suffit pas, je demande une formation en interne pour devenir journaliste.Découvrir les antennes locales, le machisme ambiant, comprendre que ce n’est pas ma vie, partir dans la plus grande incompréhension de tous.

Un accident, opération du nez, rhinoplastie, le déclic. Interviewer des chirurgiens, des patients, me poser des questions éthiques et philosophiques sur la chirurgie esthétique, lire toutes les publications possibles, écrire un livre sur la rhinoplastie. Décrocher des piges dans la presse beauté. Découvrir les chercheurs, leur course à l’éternelle jeunesse, trouver tout ça fascinant. Un matin ouvrir l’oeil et savoir que tout est fini. Etre incapable de terminer ce papier sur les bonnes et les mauvaises raisons de se faire opérer. Commencer à écrire pour mon magazine préféré : Cosmopolitan. Ecrire sur les relations de couple, sur l’amour, sur la vie, créer des tests, des papiers rigolos comme ceux que je lisais ado. Me passionner pour le monde des psy, les livre de développement personnel, rencontrer les plus grands, les mettre en avant, adorer ce métier puis un jour sans l’avoir vu venir, avoir envie d’autre chose.

Découvrir internet, ouvrir un blog pour voir. Y aller chaque jour raconter des histoires. Rencontrer des lecteurs. De plus en plus de lecteurs. Adorer ça. Vouloir tout maîtriser, apprendre le langage CSS pour pouvoir changer le design seule, apprendre le HTML pour ajouter des fonctionnalités. Rêver un instant de devenir développeur. Taper des chiffres et des lettres et faire apparaître des images. Magie. Ecrire des textes et obtenir des milliers de commentaires. Avoir un avis décalé et m’apercevoir que beaucoup le partagent. Un soir les yeux ne brillent plus mais piquent, les idées ne fusent plus, la page restera blanche.

Voir des polaroïds, trouver un vieil appareil et devenir photographe, suivre les fashion-week, vendre mes images à des magazines, être exposée, faire des petites photos carrées chaque jour, chaque minute, chaque seconde, ne parler que de ça, ne lire que sur les techniques, les artistes, ne regarder qu’à travers ma collection d’appareils, réussir la prouesse d’en vivre, et ce soir là, en feuilletant un magazine, dans un battement de cil ne plus ressentir aucun frisson. Aller à reculons aux shootings, faire échouer les opportunités, ne plus avoir d’envie du tout. Vouloir disparaître. Prendre un avion Le faire.

Dessiner une robe, ouvrir un livre technique, retravailler le dessin, me fasciner pour le tomber qui varie en fonction des plis au millimètre près. Dessiner du matin au soir, remplir des centaines de carnets, lire, rencontrer des créateurs, absorber des informations techniques jusqu’à plus soif. Voyager, mixer les cultures, décrocher la direction artistique d’une marque indienne. Chercher l’inspiration, trouver une thématique, dessiner une collection. Vingt cinq robes, huit vestes, trois pantalons et douze blouses plus tard être félicitée, plébiscitée par les acheteurs, devoir dessiner la prochaine saison et là, sans préavis, ne plus rien avoir à dire. Le néant.  Au point de devoir démissionner.

Chercher une recette de grand-mère pour soigner un rhume, un miracle. Avoir envie d’aller plus loin, lire vingt trois livres sur les remèdes naturels. Expérimenter, être fascinée par la facilité avec laquelle on peut guérir de tout. Découvrir la nourriture saine et son pouvoir étonnant. Arrêter la viande. Les produits laitiers. Evangéliser. Guérir les proches, les amis. Entamer une formation, obtenir un diplôme, m’installer comme naturopathe. Commencer à avoir une petite clientèle, des proches, des moins proches, des inconnus, le bouche à oreilles. Et au énième “J’ai mal au ventre” avoir envie de jeter les 143 huiles essentielles et 7890 pages de solutions à tout par la fenêtre. Ne pas le faire. Terminer douloureusement la consultation. Ne plus répondre aux sollicitations. Annuler tous les rendez-vous. Ne plus soigner personne.

Ouvrir un grand questionnement sur la vie, l’orientation, le sens à lui donner. Lire des livres de coaching, d’hypnose de thérapies en tout genre, dévorer toute la section psychologie de la bibliothèque en quelques mois, suivre une formation de coaching, des mooc sur le sens de la vie, l’accompagnement thérapeutique, passer le diplôme d’hypnothérapeute, devenir coach certifiée. Expérimenter toutes les formes de thérapies, voir des énergéticiennes, des coachs, des psy, suivre des cercles de constellations familiales. Avoir mes premiers clients, des retours cinq étoiles sur le meilleur site de développement personnel parisien. Décrocher un contrat pour créer une méthode pour donner du sens à sa vie, « Mon programme Ikigai », livre traduit en 7 langues. Prendre du recul, me remettre en question, est ce vraiment la bonne voie ?

Choc écologique, tout mettre entre parenthèses, avoir envie de faire ma part du boulot, militer, réfléchir à des solutions, vouloir réparer là où j’ai l’impression d’avoir pêché : la mode, lancer un groupe sur la thématique de la « Garde robe capsule » et proposer à des centaines de femmes de trouver leur style pour consommer moins et mieux. Sortir une BD sur la déconsommation « Slow conso » et un livre sur le minimalisme vestimentaire « Ma Garde-robe Capsule » avec Violette Sauvage chez Larousse. Proposer des coaching autour du minimalisme, du tri, de la déconsommation.

Puis revenir à ce que j’aime le plus : explorer les mondes intérieurs en me formant à la sylvothérapie et au chamanisme. Approfondir ma proposition de soins, oser me présenter comme thérapeute, me lancer dans les cours de méditation, l’hypnose collective et individuelle, l’accompagnement thérapeutique à ma manière. Continuer à écrire toujours sur des sujets différents autour du bien être et créer des soins et des rituels pour des hôtels. Toujours faire plein de choses en même temps et l’assumer.

Voilà où j’en suis aujourd’hui. Multipotentialiste, hypersensible, amoureuse de la nature, introvertie et zen j’ai redéfini mes priorités et trouvé mon équilibre, ma façon personnelle de mener les consultations, d’équilibrer mes journées entre temps sociables et temps grotte, accepter d’avoir un univers à part et qui continue de s’enrichir de jour en jour.

 

 

Zébre, qu’est ce que c’est ?

Je suis un zèbre. Un profil haut potentiel.

On vient de m’expliquer que je fonctionne en arborescence contrairement à la majorité des gens dont la réflexion se fait de façon linéaire. Cela ne veut pas dire que je suis plus intelligente, juste que ma façon de réfléchir est différente.

Ça fait peur, ce « coming out intellectuel », quatre fois que j’enregistre en brouillon, efface, reprends cet article. Le mois dernier j’ai passé le test de douance pour adultes, le Wais, et je me dis que si ce petit compte-rendu de mon expérience peut permettre à certains hésitants de sauter le pas, ça vaut le coup d’être raconté.

Des années que mes amis, les coachs et thérapeutes que j’ai rencontré ou consulté me disent plus ou moins clairement, plus ou moins directement que je devrais regarder ce type de profils, que je devrais me faire tester. Au début je n’y prêtais aucun crédit. Haut potentiel moi ? Pff n’importe quoi je n’ai même pas fait d’études brillantes. La multiplication des « Tiens j’ai pensé à toi » + lien vers des descriptions de haut potentiel, des « C’est tellement évident », a commencé à m’interroger. J’ai lu le livre de Christel Petitcolin « Je pense trop » et me suis reconnue à chaque ligne. Puis j’en ai parlé à des gens qui m’ont dit que n’importe qui pourrait s’y reconnaître, comme dans un thème astral, alors je me suis dit que je ferais mieux de me concentrer sur autre chose. Puis c’est revenu dans ma vie, une amie m’a dit que je devrais le faire pour mes enfants, pour être préparée au cas où car les chiens ne font pas des chats.

Le mois dernier après beaucoup d’hésitations, n’en pouvant plus de m’interroger : un matin en être persuadée, le lendemain me dire que c’est improbable, j’ai eu envie d’en avoir le cœur net. Alors j’ai pris rendez-vous avec une psychologue spécialiste de la douance qui fait passer le fameux WAIS. J’ai failli annuler maintes fois ce rendez-vous. C’est dur de se confronter à la réalité. Ai-je vraiment une différence qui justifie mes errances ou est ce simplement dans ma tête ?

Le matin du test je n’en menais pas large. Heureusement je suis tombée sur une vraie pro. Douce, positive, elle a su m’écouter et m’encourager. Le test m’a semblé tantôt ridiculement facile, tantôt fatiguant, et globalement un peu agaçant. Ranger des cubes, répondre à des questions, retenir des suites de chiffres, rien de bien passionnant et pourtant c’est fou ce que cela peut révéler.

Selon la psychologue, je suis la reine de la débrouille, du bricolage, je n’ai aucune organisation mais j’arrive toujours à tirer mon épingle du jeu. Je pensais repartir avec un bête chiffre, décevant ou impressionnant, je suis sortie de là avec une connaissance de mon cerveau stupéfiante. Et bizarrement sans chiffre. Non je n’épaterai pas la galerie avec mon super QI car en réalité mon haut potentiel explose dans certains domaines, et rejoint la norme dans d’autres. Si je suis très douée pour les mots – j’ai bien choisi mon métier – et la visualisation dans l’espace – d’où mon attirance pour les arts, je le suis moins pour la vitesse de traitement – d’où mon amour de l’Inde où tout le monde est au ralenti.

Au final savoir ce qui est facile pour moi, ce qui représente un défi et comprendre les coulisses de mes épopées un peu à part a été libérateur. C’est un grand pas pour accepter ce que je suis : une touche à tout qui aime la liberté et la nouveauté.

Ce cadeau de la douance vient avec des petites choses un peu moins drôles, je suis hypersensible et sujette à de légers troubles de l’attention. Je comprends enfin pourquoi j’oublie ce que je suis sortie acheter une fois dehors, pourquoi après deux minutes, je ne sais déjà plus le prénom des gens qu’on vient de me présenter,  pourquoi je zappe les dates d’anniversaires et les rendez-vous. A la lumière de ces indications je sais mieux comment me protéger, je connais mes points faibles. En bref, si vous hésitez à faire ce test, allez-y, quelque soit le résultat vous vous comprendrez mieux, vous accepterez d’avantage et vous y verrez beaucoup plus clair.

 

 

 

 

Mouvement #meetoo, condition féminine en Inde, ma petite contribution

J’ai tellement hésité à poster mon #metoo que j’ai raté le coche. Les histoires de mes amies, mes connaissances, mes contacts professionnels m’ont tellement choquée, par leur nombre, par le fait que même les plus proches n’avaient rien dit, parfois un vague sous entendu, clairement il y a un genre d’omerta, mais le pire,le plus bouleversant pour moi, c’était leur violence. A côté les miennes c’est du pipi de chat.  Le pipi de chat ça pue quand même, on est d’accord, mais bon j’ai tellement l’impression d’être chanceuse avec mes classiques – c’est quand même fou que ce soit aussi banal – : poursuites dans le métro, frottements même pas à l’heure de pointe, insultes, menaces, et « ami » beaucoup trop pressé.

Ce sujet je l’ai déjà abordé d’une autre façon. A ma manière, lors d’un voyage en Inde. J’étais tellement choquée de la condition de la femme là bas, du nombre délirant d’agressions, un viol toutes les 18 minutes dans le sud-est – et encore ce ne sont que les chiffres officiels, que je ne pouvais rester sans rien faire. Alors j’ai repris des images shootées pour des marques de lingerie ici à Paris et je les ai superposées avec des images de lieux sacrés photographiés lors d’un autre voyage sur les bords de la Yamuna.

Mon idée : mélanger dans les esprits le sacré et le corps de la femme. Ces photos ont été exposées dans une galerie à Pondichéry puis j’ai décidé suite aux réactions fortes rencontrées de les imprimer sur du papier et de les afficher partout où j’aurais le temps d’aller. Les coulisses de ma crise de street art féministe ici

Souvent j’affichais entre 5h et 6h du matin et à 7h mes affiches étaient déjà déchirées.

J’ai quand même l’impression d’avoir marqué le coup. Et même si sur les cinq villes et deux villages parcourus, les sept mille affiches posées je n’ai touché que mille hommes et que sur les mille seulement cent ont reçu le message je me dis que c’est déjà ça. Je pense au colibris, j’ai fait ma part.

Quand j’ai vu le mouvement #metoo et #balancetonporc je me suis dit : Il faudrait que je refasse une campagne dans cette veine à Paris. Seulement voilà je me heurte à quelques obstacles :

En Inde, surtout dans les petites villes, on voit très peu de corps de femme nus ou dénudés en affiche, ça attire donc le regard et ça marque. En France on a une pub de lingerie ou maillot de bain tous les trois mètres, et même pour le parfum les filles portent des micro robes quasi inexistantes. Donc à part du nu intégral à la limite du pornographique, et encore, je ne vois pas bien comment obtenir le même effet.

Autre gros doute, pour les Hindous, le sacré est partout et il est universel : certains fleuves sont sacrés, certains lieux sont sacrés et ils parlent à une grande majorité des gens toutes classes confondues. Ici je ne vois pas quel bâtiment ou paysage sacré je pourrais utiliser : si je choisis une religion pourquoi celle là plus qu’une autre ? Mixer les religions ? Ça mixerait le message il me semble. La république avec des photos de l’Elysée ? Je ne crois pas que grand monde la considère encore sacrée, peut être même pas respectable. La nature ? Qui la porte au rang de déesse à part une poignée d’écolos purs et durs et de bobos en quête de retour à la terre ? Là j’avoue que je sèche.

Alors je reviens sur mon voyage indien, sur ces photos sans grand intérêt artistique mais qui pour moi veulent dire beaucoup. Et j’espère en leur faisant refaire surface aujourd’hui qu’elle secoueront à nouveau un peu les consciences et que l’exotique aura un écho universel pour que le corps des femmes soit enfin respecté ici comme ailleurs.

Merci à Cedrik Verdure pour son soutien sans faille et son aide active,  merci aussi à Garance Rochoux Moreau d’avoir accepté que j’utilise des photos où elle apparait.