La chance, une compétence

On m’a beaucoup dit « Oui mais pour toi c’est facile, tu as de la chance ». Un jour ça a fini par m’énerver alors j’ai essayé d’analyser ce que je faisais que les autres ne font pas. J’en ai tellement trouvé que j’ai écrit une conférence que j’ai donné dans des entreprises et à la School of Life.

Chance vient du latin cadentia : tomber. Avoir de la chance c’est accepter de prendre le risque de tomber. En anglais on dit « take a chance » qui est plus invitant que « prendre un risque ». Pourtant pas de chance sans se mettre en danger : Si on ne lance pas les dés au jeu, on ne peut pas gagner. Si on applique ce principe à la vie on peut choisir de prendre le risque de lancer les dés, ou ne pas bouger et prier pour que la vie ne le fasse pas pour nous. Choisir l’immobilisme c’est parier sur le fait que tout va rester tel quel. Le chanceux souvent devance les coups du destin, démissionne avant d’être licencié, saute avant qu’on le pousse.

Le chanceux reste un humain comme les autres et peut se faire surprendre par la vie, être rejeté, viré, tomber malade ou avoir un accident. Ce qui le différencie dans ce cas, ce n’est pas ce qui lui arrive mais ce qu’il en fait. Transformer une catastrophe en miracle, c’est le talent du chanceux : profiter d’un licenciement pour tout remettre en question et se reconvertir, rebondir après une rupture amoureuse et accomplir un rêve, réinventer sa vie, se remettre en question.

Bien sûr il y a une part de « destin », tout le monde ne part pas avec les mêmes cartes, tout le monde n’a pas les mêmes atouts, mais tout le monde peut choisir de transformer ce qui lui arrive en bénédiction plutôt qu’en malédiction. Et si ça ne marche pas ? Alors accepter de ne pas tout comprendre ni tout contrôler, avoir confiance en la vie, tirer les leçons des échecs, rester résolument optimiste.

 

Moins et mieux

Le minimalisme a commencé pour moi en voyage. Ma conversion de fashionista hystérique à minimaliste convaincue s’est faite en Inde où j’ai vécu 3 mois. Voyageant en moto avec le strict minimum, j’ai pu constater que rien ne me manquais, j’aurais pu vivre le restant de mes jours comme ça sans rien de plus. Et être au top du bonheur.

Ça a été une révélation. Je me suis sentie libérée.

Ce que je me racontais « Je meurs si je n’ai pas ce nouveau top », « J’ai besoin d’une nouvelle jupe », « Le shopping me rend heureuse » n’avait aucun sens. Cela me donnait juste l’illusion de remplir mon existence désespérément vide.

J’ai toujours aimé les belles choses, et je les apprécie encore, mais je préfère aujourd’hui la qualité à la quantité. Je n’achète plus que très rarement et j’investis dans de très belles pièces, de belles matières naturelles. La beauté sauvera le monde et il est hors de question de m’en couper. Pour moi le minimalisme n’est pas la privation mais le fait de choisir en conscience des objets agréables, utiles et durables.

En rentrant de mon escapade indienne, j’ai vidé les 3/4 de ma garde-robe, mais aussi de mes livres, mes objets, j’ai donné vendu, débarrassé avec un plaisir sans nom !

Arrêter d’acheter a été plus dur. Le shopping était un loisir pour moi. J’aimais l’idée de la chasse au trésor, trouver la pièce parfaite en parcourant les boutiques me provoquait une excitation que j’ai eu du mal à retrouver ailleurs. Alors je me suis fixé une règle : Si un objet entre chez moi, un autre doit sortir, vu que je n’ai plus que des choses que j’aime cela me rend extrêmement exigeante.

J’ai mis du temps à aligner ma vie avec mes nouvelles convictions  car le shopping était non seulement mon passe-temps mais aussi mon métier : j’étais photographe et blogueuse mode. Pouvais-je encore mettre mon énergie à faire rêver de pièces inaccessibles ? A inciter les autres à faire ce que je ne voulais plus faire : acheter encore et encore, désirer de la nouveauté encore et encore ? Non, bien sûr que non !

Au début je me disais que puisque j’ai toujours choisi avec la plus grande attention les marques avec lesquelles je collaborais, j’incitais les gens à faire de bons choix. Que je prônais la qualité. Que je faisais rêver, cela ne faisait de mal à personne. Mais je sentais bien que je n’étais pas droite dans mes bottines pailletées.

Alors j’ai entamé une longue reconversion. Grâce à mon minimalisme nouveau j’ai pu économiser, refuser les jobs les plus vides de sens, m’offrir le luxe d’étudier, repartir en Inde faire des formations, investir dans mon développement personnel, ma vie, mon avenir plutôt que dans un énième nouveau jean parfait.

Pour la première fois de ma vie j’ai eu l’impression de décider réellement ce que je faisais. De faire avancer les choses pour moi mais aussi, quelque part pour le monde.

Aujourd’hui je suis coach, conférencière et auteur, j’aide les gens à faire le vide en eux pour mieux se connaître et se reconnecter avec leur joie de vivre. Mon minimalisme aura transformé jusqu’à ma vision de la vie et je suis persuadée qu’il peut changer celle de nombre d’entre nous !

Et vous, vous en êtes où avec la (sur-)consommation ?