Zébrée, moi ?

Je suis un zèbre. Un profil haut potentiel.

Ça fait peur, ce « coming out intellectuel », quatre fois que j’enregistre en brouillon, efface, reprends cet article. Le mois dernier j’ai passé le test de douance pour adultes, le Wais, et je me dis que si ce petit compte-rendu de mon expérience peut permettre à certains hésitants de sauter le pas, ça vaut le coup d’être raconté.

Des années que mes amis, les coachs et thérapeutes que j’ai rencontré ou consulté me disent plus ou moins clairement, plus ou moins directement que je devrais regarder ce type de profils, que je devrais me faire tester. Au début je n’y prêtais aucun crédit. Haut potentiel moi ? Pff n’importe quoi je n’ai même pas fait d’études. La multiplication des « Tiens j’ai pensé à toi » + lien vers des descriptions de haut potentiel, des « C’est tellement évident », a commencé à m’interroger. J’ai lu le livre de Christel Petitcolin « Je pense trop » et me suis reconnue à chaque ligne. Puis j’en ai parlé à des gens qui m’ont dit que n’importe qui pourrait s’y reconnaître, comme dans un thème astral, alors je me suis dit que je ferais mieux de me concentrer sur autre chose. Puis c’est revenu dans ma vie, une amie m’a dit que je devrais le faire pour mes enfants, pour être préparée au cas où car les chiens ne font pas des chats.

Le mois dernier après beaucoup d’hésitations, n’en pouvant plus de m’interroger : un matin en être persuadée, le lendemain me dire que c’est improbable, j’ai eu envie d’en avoir le cœur net. En plus, je commence un récit où je teste tous les moyens de mieux se connaître, c’est le prétexte idéal pour me lancer, je pourrai le raconter dans mon livre, ce sera utile même si c’est une catastrophe, alors j’ai pris rendez-vous avec une psychologue spécialiste de la douance qui fait passer le fameux WAIS. J’ai failli annuler maintes fois ce rendez-vous. C’est dur de se confronter à la réalité. Ai-je vraiment une différence qui justifie mes errances ou est ce simplement dans ma tête ?

Le matin du test je n’en menais pas large. Heureusement je suis tombée sur une vraie pro. Douce, positive, elle a su m’écouter et m’encourager. Le test m’a semblé tantôt ridiculement facile, tantôt fatiguant, et globalement un peu agaçant. Ranger des cubes, répondre à des questions, retenir des suites de chiffres, rien de bien passionnant et pourtant c’est fou ce que cela peut révéler.

Selon la psychologue, je suis la reine de la débrouille, du bricolage, je n’ai aucune organisation mais j’arrive toujours à tirer mon épingle du jeu. Je pensais repartir avec un bête chiffre, décevant ou impressionnant, je suis sortie de là avec une connaissance de mon cerveau stupéfiante. Et bizarrement sans chiffre. Non je n’épaterai pas la galerie avec mon super QI car en réalité mon haut potentiel explose dans certains domaines, et rejoint presque la norme dans d’autres. Si je suis très douée pour les mots – j’ai bien choisi mon métier – et la visualisation dans l’espace – d’où mon attirance pour les arts, je le suis moins pour la vitesse de traitement – d’où mon amour de l’Inde où tout le monde est au ralenti.

Au final savoir ce qui est facile pour moi, ce qui représente un défi et comprendre les coulisses de mes épopées un peu à part a été libérateur. C’est un grand pas pour accepter ce que je suis : une touche à tout qui aime la liberté et la nouveauté.

Ce cadeau de la douance vient avec des petites choses un peu moins drôles, je suis hypersensible et sujette à de légers troubles de l’attention. Je comprends enfin pourquoi j’oublie ce que je suis sortie acheter une fois dehors, pourquoi après deux minutes, je ne sais déjà plus le prénom des gens qu’on vient de me présenter,  pourquoi je zappe les dates d’anniversaires et les rendez-vous. A la lumière de ces indications je sais mieux comment me protéger, je connais mes points faibles. En bref, si vous hésitez à faire ce test, allez-y, quelque soit le résultat vous vous comprendrez mieux, vous accepterez d’avantage et vous y verrez beaucoup plus clair.

 

 

 

 

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De la difficulté de faire des choix

La période que je traverse est étonnante. En réalité il ne se passe pas grand chose. J’écris mes livres de développement personnel, je suis au sixième chapitre de ma bande-dessinée sur l’éducation bienveillante, j’écris des articles pour un site de gastronomie et culture française, et je travaille mon roman. Mes journées sont souvent très calmes en apparence. Le « high-light » se situe dans mes escapades shopping à la ressourcerie, ou bien le soir quand je retrouve mes bébés. Bref rien de fou. Et pourtant je suis épuisée.

Alors oui, mes deux fulbulus y sont sûrement pour quelque chose, mais je sens que beaucoup d’énergie se perd dans une dimension qui m’échappe. C’est comme si mon livre s’écrivait tout seul, quelque part dans ma tête. Certains jours, je me réveille et j’ai un texte. Je ne sais pas où il va, ni à quoi il correspond, quand j’ai un papier sous la main je l’écris, je me dis que je verrai bien. Résultat j’ai plein de petits bouts de machins, d’histoires apparemment sans lien, de tranches de vie qui commencent peu à peu à se rejoindre.

Tout ça pourrait être merveilleux, mon livre s’écrit tout seul et j’ose m’en plaindre ? Oui mais voilà venu le temps des décisions. Ouh que je n’aime pas ça. Choisir c’est renoncer. A quoi vais-je renoncer ? Au « Elle » ou au « Je » ? Incapable de prendre cette décision j’ai déjà rédigé un tiers du livre que j’ambitionne d’écrire avec chacune des versions et je ne sais toujours pas quelle est la bonne.

Vous faites comment pour prendre vos grandes décisions ? Généralement j’y vais à l’intuition mais là soit elle est muette, soit je suis sourde. Liste de pour et contre ? hum… Qui dit mieux ?

Histoire de fesses indienne

J’ai tellement hésité à poster mon #metoo que j’ai raté le coche. Les histoires de mes amies, mes connaissances, mes contacts professionnels m’ont tellement choquée, par leur nombre, par le fait que même les plus proches n’avaient rien dit, parfois un vague sous entendu, clairement il y a un genre d’omerta, mais le pire,le plus bouleversant pour moi, c’était leur violence. A côté les miennes c’est du pipi de chat.  Le pipi de chat ça pue quand même, on est d’accord, mais bon j’ai tellement l’impression d’être chanceuse avec mes classiques – c’est quand même fou que ce soit aussi banal – : poursuites dans le métro, frottements même pas à l’heure de pointe, insultes, menaces, et « ami » beaucoup trop pressé.

Ce sujet je l’ai déjà abordé d’une autre façon. A ma manière, lors d’un voyage en Inde. J’étais tellement choquée de la condition de la femme là bas, du nombre délirant d’agressions, un viol toutes les 18 minutes dans le sud-est – et encore ce ne sont que les chiffres officiels, que je ne pouvais rester sans rien faire. Alors j’ai repris des images shootées pour des marques de lingerie ici à Paris et je les ai superposées avec des images de lieux sacrés photographiés lors d’un autre voyage sur les bords de la Yamuna.

Mon idée : mélanger dans les esprits le sacré et le corps de la femme. Ces photos ont été exposées dans une galerie à Pondichéry puis j’ai décidé suite aux réactions fortes rencontrées de les imprimer sur du papier et de les afficher partout où j’aurais le temps d’aller. Les coulisses de ma crise de street art féministe ici

Souvent j’affichais entre 5h et 6h du matin et à 7h mes affiches étaient déjà déchirées.

J’ai quand même l’impression d’avoir marqué le coup. Et même si sur les cinq villes et deux villages parcourus, les sept mille affiches posées je n’ai touché que mille hommes et que sur les mille seulement cent ont reçu le message je me dis que c’est déjà ça. Je pense au colibris, j’ai fait ma part.

Quand j’ai vu le mouvement #metoo et #balancetonporc je me suis dit : Il faudrait que je refasse une campagne dans cette veine à Paris. Seulement voilà je me heurte à quelques obstacles :

En Inde, surtout dans les petites villes, on voit très peu de corps de femme nus ou dénudés en affiche, ça attire donc le regard et ça marque. En France on a une pub de lingerie ou maillot de bain tous les trois mètres, et même pour le parfum les filles portent des micro robes quasi inexistantes. Donc à part du nu intégral à la limite du pornographique, et encore, je ne vois pas bien comment obtenir le même effet.

Autre gros doute, pour les Hindous, le sacré est partout et il est universel : certains fleuves sont sacrés, certains lieux sont sacrés et ils parlent à une grande majorité des gens toutes classes confondues. Ici je ne vois pas quel bâtiment ou paysage sacré je pourrais utiliser : si je choisis une religion pourquoi celle là plus qu’une autre ? Mixer les religions ? Ça mixerait le message il me semble. La république avec des photos de l’Elysée ? Je ne crois pas que grand monde la considère encore sacrée, peut être même pas respectable. La nature ? Qui la porte au rang de déesse à part une poignée d’écolos purs et durs et de bobos en quête de retour à la terre ? Là j’avoue que je sèche.

Alors je reviens sur mon voyage indien, sur ces photos sans grand intérêt artistique mais qui pour moi veulent dire beaucoup. Et j’espère en leur faisant refaire surface aujourd’hui qu’elle secoueront à nouveau un peu les consciences et que l’exotique aura un écho universel pour que le corps des femmes soit enfin respecté ici comme ailleurs.

Merci à Cedrik Verdure pour son soutien sans faille et son aide active,  merci aussi à Garance Rochoux Moreau d’avoir accepté que j’utilise des photos où elle apparait.

 

Une page se tourne

La semaine dernière j’ai rendu le dernier chapitre de mon livre de développement personnel qui permet de trouver son Ikigai. C’est un programme de douze semaines qui propose de se poser des questions fondamentales, de faire le tri entre ce qui nous appartient et ce que l’on croit vouloir, d’y voir plus clair sur ses motivations profondes. « Mon programme ikigai » va paraître début 2018 chez Marabout.

Ce programme est l’aboutissement de mes recherches et de mon travail de coach pendant quatre ans, il est basé sur mon expérience personnelle à partir de laquelle j’ai créé une méthode qui, je l’espère, sera utile à grand nombre d’entre vous. Souvent je reçois des messages de demande de coaching autour de la recherche d’ikigai. Je ne peux pas toujours y répondre et j’espère que ce livre pourra prendre le relais.

J’ai adoré coacher, j’ai rencontré des gens passionnants aux profils étonnants, aux parcours originaux, des créatifs, des multipotentialistes, des zèbres, des gens impliqués dans une vraie démarche de recherche de sens, c’était riche en rebondissements et apprentissages.

Aujourd’hui je sens qu’autre chose m’appelle. Comme à une époque je suis passée de journaliste à photographe, j’ai continué à écrire mais je me consacrais à la photo, comme quand je suis passée de photographe à coach, j’ai continué à aimer les belles images mais je me consacrais à mes jeunes – et moins jeunes – padawans, cette fois la coach passe le flambeau à l’auteur, je reviens à l’écriture. Je ne retourne pas au journalisme, je m’attaque à ce que j’ai toujours voulu faire sans jamais oser me lancer : écrire un roman.

 

 

 

3 astuces pour cultiver le bonheur au quotidien

Etre heureux vous semble un but insurmontable ?

Et si vous tentiez la méthode des petits pas ? Voici 3 toutes petites choses que vous pouvez mettre en place pour être plus heureux/se au quotidien :

  • Transformez vos corvées en petits plaisirs. Arrêtez de croire que votre vie est faite d’obligations, elle est faite de choix, assumez les. Exemple ? La vaisselle : Personne ne vous oblige à faire la vaisselle, vous pourriez manger directement dans l’emballage, ou dans des assiettes en papier, ou aller au restaurant, vous faire livrer et manger dans les boîtes, jeter les assiettes sales et en racheter. Vous avez décidé de faire des économies, de respecter la nature, de vivre dans une maison propre, vous faites donc le choix de faire la vaisselle. Vu comme ça c’est déjà beaucoup plus agréable. Pour rendre l’expérience plus douce, quelques pistes : Optez pour du savon de Marseille liquide dans lequel vous mettez trois gouttes de votre huile essentielle préférée (vanille ? orange douce ? gingembre ?). Lâchez l’éponge pour la brosse avec un petit manche en bois, plus efficace, plus facile à manier, plus propre, plus écolo, plus joli. Et surtout savourez ce qui est agréable : l’eau chaude qui glisse sur vos mains, l’odeur délicate, le plaisir de la propreté qui avance.
  • Instaurez des petits rituels. Par exemple pour commencer à travailler faites vous votre thé préféré, toujours le même, faites une petite session de respiration en carré : cinq secondes d’inspiration, cinq secondes de pause, cinq secondes d’expiration, cinq secondes de pause, puis sentez une goute d’huile essentielle de menthe sur un mouchoir pour vous donner toute l’énergie nécessaire. Autre idée : En rentrant du travail pour passer en mode détente, allumez un bâton d’encens, buvez un jus de fruits frais et faites une mini visualisation : les yeux fermés imaginez que vous vous envolez, vous survolez votre appartement puis votre immeuble puis votre ville, votre pays, la terre, et une fois loin dans l’univers balancez vous sur une jolie balancelle. Revenez, vous êtes prêt(e) à vous détendre.
  • Offrez vous des mini aventures : changez de route pour aller travailler, sortez du bus trois stations plus tôt, partez plus tôt et entrez enfin dans ce petit salon de thé qui vous fait envie, mettez un tout petit peu de nouveauté dans votre routine quotidienne.

Pour plus d’idées bonheur à mettre en place facilement, reportez vous à mon livre Cultiver le Bonheur pour les Nuls en BD

Ikigai et mutlipotentialité

Plus on a de cordes à son arc plus il est complexe de savoir ce pourquoi on est fait.

Quand on est multipotentialiste, trouver son ikigai peut permettre de donner une cohérence, un fil rouge à un parcours en apparence chaotique.

On ne panique pas, trouver son ikigai ne veut pas dire que vous n’allez plus faire qu’une seule chose dans votre vie, bien au contraire, vous allez être bien plus libre encore d’explorer de nouveaux domaines et de nouvelles compétences que vous pourrez assumer plus ouvertement car vous saurez pourquoi vous agissez.

Ikiga c’est à la fois la raison d’être mais aussi la joie de vivre, trouver son ikigai c’est trouver pourquoi on se lève le matin, c’est sortir du mode robot et vivre pleinement.

Alors comment trouver sa joie de vivre, sa raison d’être puisque c’est ce que signifie le mot ikigai en japonais ? En apprenant à se connaître.

On voudrait savoir tout de suite en réfléchissant cinq minutes. En réalité on le trouve quand on prend enfin le temps de se poser les bonnes question et qu’on arrête de se mettre la pression.

Quelques questions à se poser pour commencer à ouvrir votre réflexion :

  • Qu’est ce qui compte le plus pour vous dans la vie ? Quelles sont vos valeurs ? Pour les trouver, cherchez du côté de ce qui vous révolte dans le monde
  • Quelles sont les activités que vous adorez pratiquer ? Et parmi celles ci celles dans lesquelles vous êtes (sans fausse modestie) doué et expérimenté ?
  • Auprès de quel public êtes vous à l’aise ? Les femmes ? Les enfants ? Les personnes âgées ? Les dirigeants ? Vous pouvez être attiré par plusieurs sortes de public différents, listez les quand même.
  • Comment pourriez vous concrètement changer les choses dans le monde ? Quelle contribution avez vous envie d’apporter (si vous en avez envie, vous en êtes capable) ?
  • Si vous étiez un super héros, quel serait votre super pouvoir ? Et quelle serait votre mission ?

Ces premières questions peuvent vous donner un début de sens. Bien sûr il faut affiner mais c’est un bon début, vous avez la base, à vous de jouer !